17/10/2005

 

Jeudi 13/11 – 09 :11. Pas eu le temps d’écrire hier après ma descente au sous-sol. Pas eu le courage. Je n’ai pas vu Sandrine, j’ai vu pire, j’ai compris. Enfin. Je vous explique.Hier donc, je me suis levé, j’ai retraversé le champ de cons jouxtant ma planque, mon bureau, je me suis envoyé trois volées d’escaliers avant d’arriver dans le hall d’entrée. C’est chaque fois la même histoire : s’il n’y a personne au bureau d’accueil face à l’entrée, je n’ai qu’à filer vers la cave. Mais, s’il m’arrivait de croiser la moindre pouffiasse trop curieuse, le moindre connard en mal de conversation, il fallait toujours, du’une manière ou d’une autre, justifier ma présence si bas. Je m’astreignais par sécurité à trouver à chacune de mes excursions spéléologiques une excuse valable, un alibi quoi. La voie semblait libre, je m’engouffrais dans le couloir austère vers la cuisine secondaire, à l’extrémité gauche du bâtiment, cuisine depuis laquelle j’accédais à la cave par une porte mal ajustée et une nouvelle chiée de marches raides. Personne dans la cuisine, « tant mieux, je pourrai réutiliser mon alibi demain ou après » pensais-je. La porte a grincé, je me suis faufilé vers le trou noir, j’ai refermé puis marqué un temps d’arrêt. « Putain de stress, putain de culpabilité ». A chaque fois c’était pareil, le même sentiment de gêne, la même conviction d’être fidèle à ma nature discutable mais d’aggraver sensiblement mon cas par ces aventures souterraines. « Rien à branler », je reprenais rapidement le dessus. Pour arriver au bureau de Sandrine, il fallait d’abord s’acquitter des quelques marches traîtres, faire cinq ou six pas, frapper par principe à sa porte – c’est elle qui, un jour, m’avait demandé de me manifester de la sorte afin de ne pas la faire sursauter, or nous savions tous les deux que c’était précisément la raison pour laquelle j’étais là. - , l’ouvrir et, d’un sourire radieux, l’inviter à rejoindre l’autre cave, L’autre cave. J’allais arriver à la porte quand une tache anthropomorphe se détacha de l’obscurité. J’étais repéré, inutile de faire demi-tour, mon alibi allait servir. - « Qui est là ? » j’ai lancé avec une certaine assurance dans la voix.- « C’est Michel, la porte est fermée. Je pense que Sandrine est euh… occupée »- « Michel comment ? Qu’est-ce tu fais là ? »- « j’avais une pile de documents à remettre à Sandrine mais je repasserai. D’ailleurs, c’est con mais je m’aperçois que j’ai oublié mes documents sur mon bureau »- « Sérieux ? »- « Oui, je file les récupérer, je les descendrai plus tard » toussota-t-il.- « Dis-moi, Mich’, tu saurais pas par hasard qui est le gland derrière le coup de l’arc-en-ciel sur ma porte ? »- « Aucune idée. Tu sais bien, je bosse au second et je suis pas trop au courant de ce qui se passe ailleurs »- « Ouais, je vois ! »

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