24/11/2005

 

12H10. Arrivé dans mon bureau, je me sentais différent. Quelque chose avait changé en moi durant cette dernière heure. Je ne ressentais plus de rage envers les enculés qui avaient osé coller le poster « Rainbows are gay » à ma porte. Ils auraient pu venir se dénoncer là, devant moi, je n’aurais sans doute pas bronché, trop absorbé sans doute par les dernières révélations de Boss. Sandrine était donc en réalité le jouet sexy des porcs lubriques du 4ème étage, leur putain privée. Et moi qui pensait les baiser tous à travers elle…

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15/11/2005

de la cave au quatrième ...

Le bureau de Boss est un monde en soi. Une déco agressive vous plonge immédiatement dans un inconfort dont il tirera profit tôt ou tard, vous le savez très bien. Je ne me suis pas assis parce que je connaissais le siège sur lequel il voulait que j'échoue, un système à ressorts qu'il avait méticuleusement sabordé, assurant aux fesses victimes d'aiguës piqûres propres à la déconcentration. Je restai debout, sans rien dire.- "Voyez-vous, K", triompha-t-il, "cette boîte, LA boîte, est le fruit d'années de sacrifices consentis par moi pour vous. Votre attitude pour le moins asociale, antipathique et trop souvent grossière, je vous le dis tout net, ne m'a jamais dérangé. Je pense même qu'elle instaure autour de vous une certaine méfiance, une crainte à votre égard qui me va parfaitement. Là n'est pas la question".Jusque là, rien de bien nouveau. Je savais que la haine que le reste de la boîte éprouvait à mon égard amusait beaucoup Boss dans la mesure où toute cette hargne, au moins, n'était pas dirigée contre lui. En prenant parti pour les autres employés de la boîte contre moi, Boss augmentait son capital sympathie auprès de ses sbires, ce qui l'arrangeait bien. - "Là où vous poussez un peu le bouchon, K, c'est lorsque vous vous immiscez dans ma vie souterraine. Vous me comprenez je suppose, mmh ? - "Vous parlez de Sandrine je crois"- "Exact. Je parle en effet de cette charmante Sandrine à qui j'ai proposé de tripler le salaire contre un allé simple en nos caves et un léger amendement de ses tâches"- "Mi-secrétaire, mi-pute c'est ça ?" - "Presque, pute-de-luxe serait plus juste ! Sandrine est en effet réservée au personnel supérieur, c'est-à-dire à tout ceux qui travaillent au 4ème étage. C'est en cela que vous me posez un problème, K. J'ignore totalement comment vous avez débusqué mon stratagème mais je sais pertinemment qu'il s'agit là clairement d'un défit à mon autorité".- "Ce serait du défit si j'avais été au courant de votre plan. Avant ce matin, je pensais être le seul à me taper Sandrine..."A ce moment précis, Boss éclata de rire. Comprenez-moi bien, il explosa presque littéralement à tel point que je ne savais dire s'il se forçait où si cet aveu naïf avait subitement réinstallé en lui le logiciel "gros rire fracassant" et par ailleurs parfaitement insupportable. Une grosse larme s'échappa d'abord de l'oeil gauche, puis du droit. Je décidai de me diriger vers la porte, pas spécialement pour m'en aller - je savais que nous n'allions pas en rester là - mais j'espérais qu'il revienne à lui. - "Ne bougez pas d'ici" parvint-il à hoqueter.- "Je peux revenir quand vous aurez fini si vous voulez ?" osais-je tout en me tenant sur mes gardes. Boss avait la main légère et tous les bibelots disposés autour de lui étaient autant de projectiles en puissance, des petits missiles au bout affûté, choisis par lui en fonction de leur propension au vol plané.- "Décidément, vous ne m'avez pas habitué à une telle naïveté, K, mais je veux bien vous croire. Soit, finissons-en. Vous devez comprendre qu'il est inadmissible qu'un employé du troisième étage jouisse des mêmes privilèges que ceux du quatrième, ceci ruinerait de facto notre foi commune dans la hiérarchie et menacerait l'équilibre global de la boîte. Vous suivez ?"- "Je crois, oui. Soit je suis promu, soit j'me branle, correct ?"- "Ah, je vous retrouve K, vif et pertinent comme avant. Ceci dit, vous savez comme moi que vous avez très peu de chance d'atteindre le 4ème un jour pour d'évidentes raisons de tempérament. Vous n'êtes aimé de personne ici, ce n'est pas un secret. Nous savons tous les deux que l'accès au 4ème n'est qu'une question de manière, de tact et d'appui de votre hiérarchie. Ce qui, dans votre cas, reviens à dire JA-MAIS ! A l'occasion, je vous présenterai une amie, ça compensera. Allez, sauvez-vous, vous avez déjà perdu votre matinée, faudrait pas non plus que votre travail en pâtisse hein !"J'ai ouvert la porte et suis sorti. Dans le couloir, j'ai marqué un temps d'arrêt. Le temps de remarquer que sur les 5 bureaux du 4ème étage, trois étaient vides. Midi était encore loin pourtant. Je ne poussai pas la réflexion plus loin et avançai vers l'accès aux escaliers, effrayé d'avoir à partager l'ascenseur.

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