11/01/2006

Julie

La première personne sur ma ma liste était une fille dont je ne connaissais pas le nom. Elle travaillait à l'autre bout de l'étage et je ne l'apercevais qu'en me rendant à l'ascenseur. Le genre libérée, sans doute un peu grande gueule mais je la voyais mal en défenseur acharnée de la cause féminine, ce qui avait plus de poids à mes yeux qu'à n'importe quels autres. En outre, elle était plutôt mignonne et moi plutôt seul, je jouais la carte "une pierre, deux coups".

Elle est arrivée d'un pas assuré, je ne l'ai pas quittée des yeux pendant les 20 mètres qui séparaient son bureau du mien. Cependant, je lisais clairement dans son regard une curiosité inquiète, elle devait me connaître de réputation.

- Bonjour, je suis K, merci d'être passée me voir.
- Bonjour, moi c'est Julie, je peux vous aider ?
- Peut-être. Ouais, euh, tu me connais sans doute un peu, tu as du entendre pas mal de choses plutôt dégueulasses sur mon compte. Que ce soit bien clair, la plupart des rumeurs me concernant sont vraies, je suis effectivement quelqu'un d'antipathique. J'ai mes raisons à cela mais les exposer m'explose le dard alors, voilà, on va y aller cash, sans détour, tu me suis ?
- Ben, oui...
- Bon. Depuis combien de temps es-tu ici ?
- Je suis arrivée il y a six mois.
- Et tu n'as rien remarqué d'anormal ou d'étonnant depuis six mois ?
- Pas vraiment, on m'a tout de suite prévenu de ne pas faire attention à vous. On dit que vous êtes..
- Je m'en fous complètement, c'est clair ? Apparemment, donc, tu n'as donc rien vu de choquant ici depuis six mois. Que dirais-tu si je t'apprenais qu'en réalité cette boîte dissimule certaines pratiques scandaleuses ?
- Comme quoi ?
- Peu importe pour l'instant.
- Je ne sais pas, c'est une drôle de question...
- Oui, je sais. De toutes façons, avant de t'en dire davantage, j'ai besoin de te connaître un peu mieux, qu'est-ce que tu peux me dire de toi ?

J'ignore si c'est parce qu'elle s'adressait à un supérieur hiérarchique mais elle s'est montrée plutôt bavarde. Julie est rousse, de taille moyenne, le bas du dos cambré, j'aime beaucoup ça. Elle a un nez fin mais pas long, une bouche franche sans être pulpeuse et une odeur discrète et plutôt masculine. C'était une psy qui n'avait jamais voulu pratiquer et qui s'était retrouvée ici à moitié par hasard et par nécessité. Personnellement, je n'ai jamais craché sur les psy. Pas par respect pour la profession, ça je m'en cale joyeusement, mais plutôt parce que tout ceux qui les critiquent - et il y en a - oublient totalement qu'il existe une race bien pire et bien plus inutile que les psy : les sociologues. Pour cette raison et parce qu'elle avait refusé de pratiquer, je ne la blamais pas. Je décidai donc de l'accepter et lui fixai rendez-vous en fin de journée dans le parking pour lui expliquer de quoi il s'agissait. Si elle désirait rentrer avec moi après, je prenais également.

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