03/02/2006

Convaincre Paul

- Dis-moi Paul, que sais-tu de nos patrons ?
- De qui ?
- De nos patrons, les gens un peu... Les gras du quatrième étage quoi !
- Ben ce sont nos patrons... je n'en sais rien. Vous avez le droit de me retenir dans votre bureau comme ça ?
- Doute même pas de mes droits, fiotte, et réponds : "Tu sais quoi de ce 4ème étage ?"- Mais rien, bordel, je bosse au troisième comme vous, moi. Et puis c'est quoi cet interrogatoire ? Laissez moi me casser d'ici ou je gueule... vous n'avez pas le dr...
- Hopopop ! Je n'ai pas le quoi ? Paul, tu me déçois beaucoup ma grande. J'aurais pas du te donner l'impression d'être si zen aujourd'hui, tu la joues un peu trop cool à mon goût. Alors je vais durcir un peu le ton puisque c'est ce que tu sembles vouloir.
- Ecoutez, K., je ne comprends pas. Vous disiez avoir besoin de moi et vous me posez des questions auxquelles je ne comprends rien, vous me terrorisez parce que vous vous savez supérieur à moi...
- Supérieur ? T'as pas peur de l'euphémisme toi !
- Dites-moi, c'est quoi le problème ? Qu'est-ce que je peux faire pour en finir ?

Voilà, j'y étais enfin. Paul était à mes pieds, prêt à vendre sa mère ou sa chaire pour en finir, pour regagner le droit de passer sa petite journée de merde le cul au chaud sur sa chaise, loin de moi, le plus loin possible. Je n'étais pas particulièrement fier de ma méthode mais je me réjouissais du résultat et de la relative facilité avec laquelle j'étais arrivé à mes fins. Là, comme je le voyais, il aurait tout accepté, même le pire. Une seule chose devait encore changer : il allait devoir remplir son rôle par envie et non pas par crainte de mes représailles. Ce n'était pas encore pour tout de suite mais j'avais bon espoir. Bon, finissons-en.

- Voilà qui est très bien Paulette, je peux t'appeler Paulette ?
- Je préfère pas !
- Je m'en doute bien, c'était une plaisanterie

Subitement, une frayeur : "K., mec, t'es en train de te choper l'humour de boss ! Réagis bordel ! "

- Bon Paul, voici le topo :

Je lui ai expliqué toute l'histoire depuis le début mais en le ménageant un peu cette fois. Lorsqu'il a su pour Sandrine, ses yeux se sont ouverts très grands. Je me suis dit que c'était bon signe. Il fallait qu'il se sente concerné personnellement pour être efficace dans sa mission. Je ne doutais pas que ce type soit doté des plus extrême capacités d'empathie. Je voulais qu'il s'identifie à Sandrine, qu'il la plaigne et se mette en tête de la sauver. Je titillais donc les éclats d'idéalisme que sa nature sensible avait préservés, je les mordillais du bout des dents et m'amusais de le voir compatir, grimaçant à mesure que je lui révélais quelques détails : la manière dont ils, nos suppérieurs rougeaux, s'amusaient avec Sandrine, l'utilisation scandaleuse qu'ils faisaient de son corps, la manière dont nous, les petits, nous faisions dominer par eux et leur organisation sans faille... Et, durant tout ce temps, je me concentrais pour garder le meilleur pour la fin, comme une conclusion qui finirait de le convaincre :

- Connais-tu M. Hotjuice, Paul ? Je ne crois pas que tu le connaisses, non. Mr. Hotjuice est américain, il a été engagé ici il y a peu de temps, un peu après l'excursion de Sandrine au sous-sol. Il est consultant ici, il travaille juste au-dessus de nous, au 4ème. On dit que les récentes orientations de la Boîte - je parle de la "promotion" Sandrine et du reste que nous allons découvrir - l'ont beaucoup intéressé. Enfin, en principe plus qu'en pratique... parce que Mr. Hotjuice, vois-tu Paul, il est gay ! Et quelque chose me dit qu'il va bientôt avoir envie de se détendre. A propos, savais-tu qu'ils agrandissent la pièce de Sandrine ? Ils parlent d'y installer une autre personne, un garçon d'après mes infos...

- Sois à 19h sur le parking ! Je vous rejoindrai.

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Commentaires

Bonjour Je remonte dans le temps.
Bon we

Écrit par : DUKE | 04/02/2006

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