06/02/2006

Le parking

Je suis arrivé sur le parking peu après 19h. Je fais partie des gens qui sont toujours ponctuellement 15 minutes en retard partout mais, cette fois, je ne pouvais pas prendre le risque d'énerver mes invités. S'ils m'avaient planté là, j'aurais eu l'air fin. Je les ai retrouvé dans un coin peu éclairé du parking, exactement à l'emplacement que je leur avais indiqué. Ils me regardaient avancer sans parler. Je savais que Paul en savait plus que Julie sur la situation, je me doutais qu'il l'avait mise au parfum en m'attendant. Ce qu'ils ignoraient encore, c'est ce que j'attendais d'eux.

- Bonsoir, merci d'être resté.

Je commençais d'un ton posé, rassurant, je n'oubliais pas l'état dans lequel Paul avait quitté mon bureau cet après-midi.

- Je voudrais vous montrer quelque chose.

Je marchais vers les escaliers qui reliaient cette partie du parking au couloir du rez-de-chaussée, celui qui nous mènerait à la cuisine. Derrière moi, j'entendais les pas de mes deux collègues, juste les pas, pas un bruit ne les accompagnait. Je les sentais tendus. En se mettant en marche, Julie avait essayé une vanne qui avait lamentablement échoué à faire rire. J'avais fait un effort surhumain pour ne pas soulever le caractère extrêmement pathétique de la situation ; ces gens qui n'ont d'autres réflexes que l'humour pour se sortir de plans délicats comme ceux-ci, il ne m'en fallait pas plus pour m'énerver. A croire que le silence est une vertu inaccessible pour la plupart d'entre nous. Nous étions presque à la cuisine

K. - Asseillons-nous instant.
J. - Je vais faire du café...

C'est con hein mais il suffit qu'une femme propose de faire du caffé ou un truc dans le genre, qu'elle entre dans un rôle domestique pour que je perde mes moyens pendant un moment. C'est vrai quoi, boire un café à 19h30, je vois pas l'intérêt. Après tu pues des dents et t'as le coeur qui galoppe pendant deux heures, ça m'a toujours emmerdé. Mais là, proposé comme ça, j'te l'aurais presque demandée en mariage. Heureusement, la vie m'a appris qu'on a beau avoir un faible pour les fées du logis, c'est rarement une bonne idée de le leur signifier tel quel. Les femmes exigent des hommes une finesse qui les condamne à l'hypocrisie...

K. - Du café ? Bonne idée ça !

17:07 Écrit par | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour Bonne semaine à toi Artatum.
Amicalement

Écrit par : DUKE | 12/02/2006

Les commentaires sont fermés.