23/02/2006

 Julie entre en scène

A la vue d'Edgar, Julie avait eu un mouvement de recul qu'elle négocia remarquablement en dépit des tasses très chaudes qu'elle tenait du bout des doigts. Elle se reprit très vite, esquissa un sourire en coin qu'elle agrémenta d'un regard bienveillant en direction du petit. Après nous avoir tendu nos cafés, Julie se faufila entre Paul et moi et pénétra dans la pièce. Edgar l'avait vue mais il ne la regardait pas, préférant promener son balais compulsivement, comme si le temps lui était compté.

Julie sentit probablement la gêne ou du moins l'inconfort de Short mais elle choisit de l'ignorer. Elle avançait jusqu'au corps boudiné du petit, calme et imperturbable. Elle se planta devant lui, posa une main délicate sur l'épaule gauche de Short et lui chuchota qu'il restait du café dans la cuisine, qu'elle se ferait une joie de lui en apporter une tasse ou, mieux encore, qu'il prenne quelques minutes pour s'assoir avec elle.

A quelques pas d'eux, je sentais le malaise de Short. La présence d'une femme, jolie de surcroît, l'excitait visiblement et il s'en trouvait désolé pour elle, désolé de ne pouvoir mieux cacher le trouble qu'elle venait d'éveiller en lui. Quant à moi, j'étais littéralement scié par le savoir-faire de Julie. Il ne lui avait pas fallu une minute pour comprendre l'importance du petit dans notre quête d'informations. Sans nous concerter, elle avait jugé qu'elle convenait mieux que Paul et moi pour approcher Short et essayer d'obtenir de lui quelques pistes, même brouillées, même partielles. Sa capacité et sa rapidité d'action subjuga Paul qui la regardait maintenant avec une admiration débordante. Décidément, ce Paul m'inquiétait.

Julie massait doucement l'épaule d'Edgar, remontant quelques fois les doigs jusqu'au col, impeccable, de sa chemise. Elle n'exagérait jamais, craignant de le froisser. Elle savait très bien jusqu'où l'intimider et avait pour cela un talent évident dont elle usait avec assurance. En quelques minutes, Short avait arrêté le balais et plongé ses yeux dans ceux de Julie. Il allait monter boire un café, nous en étions persuadés...

Dans l'escalier, je retins Julie par le bras pour lui glisser un "Bravo" discrèt qu'elle accepta en feignant l'évanouissement, le dos de la main nonchalamment posé contre son front. Elle se moquait en fait d'avoir surpris chez moi une once de réconnaissance. Lorsque je compris son manège amusé, je pense avoir été tenté par un sourire que je parvins à contenir in extremis. Au pire, elle aura surpris une fossette au coin de ma bouche, l'honneur était sauf !

K. - Julie, une fois la haut, tu mèneras la discussion avec Short. Vas-y mollo vec lui, il est du genre susceptible, tu t'en rendras vite compte.
J. - Alors, ce serait plutôt à toi de te montrer calme. Que je sache, c'est pas moi le muffle ici !

Bien sûr, elle n'avait pas tort mais elle ne connaissait pas toute l'histoire non plus et je craignais qu'elle finisse par balancer l'une ou l'autre connerie qui aurait mis la puce à l'oreille de Short. Après tout, personne ne savait qui il était et ce qu'il faisait là. Son balais ne voulait pas dire qu'il n'était QUE nettoyeur ! Pour ma part, j'étais de plus en plus convaincu que cette cave était au coeur du système que nous cherchions à percer.

E. - "Je n'ai que 12 minutes devant moi, 13 au maximum", lança Short qui était arrivé dans la cuisine.

13:29 Écrit par | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

asphyxie euh attends c'est quoi cette arnaque? je passe tranquillement de page en page et soudain, ...hhhh (bruit de suffocation!) : y a plus rien! quel choc! accélère, en plus mr short t'a dit qu'il était pressé!

Écrit par : mariog | 26/02/2006

La Suite.... Comme d'hab, je ne poste pas souvent sur les Blog mais le tien me tiend en haleine .. j'attends impatiemment la suite... Arrete de bosser et ecris nous la suite...
Tu n'as jamais pensé ecrire un "Roman?"

Écrit par : baloo | 02/03/2006

> Chère Mariog, on se connait non ?
Cher Baloo, je rame un peu derrière le temps en ce moment mais je me reconcentre, c'est promis. Un roman ? C'est une idée...

Écrit par : Artatum | 02/03/2006

? ah oui, tu crois?

Écrit par : mariog | 07/03/2006

Les commentaires sont fermés.