02/03/2006

Pause café

Toute la troupe remontait vers la cuisine, Julie derrière Paul et moi juste derrière Julie. Une ascension mémorable car foutrement excitante. Dans la pénombre, les petites fesses de Julie se hissaient juste devant moi, énergiques et mélodieuses, si près de moi qu'il fallut me concentrer très fort pour ne les effleurer que trois fois sur le temps que dura notre escalade. Je m'excusais les trois fois. Paul nous attendait sur la dernière marche des escaliers, Julie le poussa d'un sourire à l'intérieur de la cuisine puis s'assit à la table. Short attendait, assis lui aussi, les mains croisées sur la table, les pieds ballants, l'air songeur. Je me dirigeais vers le percolateur, j'attendais que Julie parle la première afin de ne pas rompre le fil qu'elle était parvenue à tisser entre elle et Short. Contre toute attente, c'est la voix de Paul qui brisa le silence :

P. - "Comment se fait-il, Edgar, que vous vous serviez d'un balai et non d'un aspirateur pour nettoyer tout le sous-sol ?" Lança-t-il sans l'ombre d'un frisson dans la voix. "Cela doit vous prendre un temps fou, non ?"

Je me souviens avoir toussé, un pur réflexe. Soit ce Paul avait un plan infaillible pour faire causer le Petit, soit cette connasse-à-couilles allait simplement tout foutre en l'air avec des questions si stupides qu'elles paraissaient suspectes. Je voyais Julie s'inquiéter elle-aussi, elle et son joli petit cul haut perché. "K., bordèle, oublie ta queue trente secondes" entendis-je dans un coin de mon cerveau.

E. - "Le balais n'est qu'un prétexte" répondit Short. "On me paie pour balayer, bien sûr, mais on me paie bien davantage pour le reste" laissa-t-il planer.
J. - "Sincèrement, je me disais bien que vous n'étiez pas seulement balayeur, les balayeurs ne s'y prennent pas comme vous, ils sont plus lents, plus dispersés, leur esprit voyage pendant que le corps travaille. Or vous, on voit que vous êtes entièrement DANS votre tâche, dans chacun de vos gestes." Elle attendit quelques secondes, pensive, les lèvres entrouvertes. "Vous êtes très impressionnant à voir travailler vous savez Monsieur Short"

Short rougit. Comme il toussa très fort à ce moment, sa gêne passa presque inaperçue mais j'étais certain qu'il rougissait, intimidé par le rentre-dedans musclé de Julie.

K. - "Et dans quel business êtes-vous Monsieur Short, si ce n'est pas dans l'entretien des sols ?" accélérais-je.
E. - "Edgar Short, comme tous les Short de père en fils, est dans l'industrie du fantasme, cher monsieur" répondit-il en pinçant exagérément son accent. "Dans le fantasme au sens large, disons", il ajouta.
K. - "Au sens large ?"
E. - "Parfaitement... Ecoutez, je ne suis pas autorisé à parler de notre activité personnellement, toutes les informations concernant notre activité ne peuvent être diffusées que via notre service communication dont s'occupe Laura Short, ma cousine."
J. - "Pensez-vous que nous puissions prendre un rendez-vous avec elle au plus vite ? Nous travaillons tous les trois sur un projet qui consisterait à introduire la notion de fantasme dans l'univers professionnel mais..."
E. - "Ecoutez madame, merci pour le café et pour cette petite discussion mais je dois vraiment me remettre au travail, ils passent me prendre dans 6 minutes et je n'ai pas encore tout à fait terminé en bas", bafouilla Short en se levant d'un bond
J. - "Qui ça 'ils' ?" demanda Julie.
E. - "Mon père et mes frères, le ramassage est prévu à '46, il est '41. Au revoir."

il redescendit dans la cave, nous entendîmes la porte claquer. Julie, Paul et moi nous regardâmes pendant quelques longues secondes. Pour ma part, je n'avais rien compris de concret mais je savais que Short savait précisément ce qu'il se passait ici. Je savais aussi qu'il ne nous dirait rien de plus. En tous cas, pas ce soir. Je proposais aux deux autres d'attendre le reste de la famille Short. Ils acquiescèrent.

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Commentaires

Bonjour Bonne fin de semaine.
Amicalement

Écrit par : DUKE | 17/03/2006

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