29/05/2006

 

A peine assise, Julie avait bouclé sa ceinture; preuve qu'elle ne se sentait pas en totale confiance avec moi. Pour être franc, ça m'arrangeait plutôt bien. Julie ne savait pas où j'habitais, du moins je l'espérais. Elle m'avait dit qu'elle occupait une ancienne ferme retapée dans les campagnes avoisinantes, je n'avais pas vraiment relevé. "Une paysanne" m'étais-je dit à l'intérieur, "une fille nature, mwouais, sûre qu'elle est pas épilée" avais-je prolongé tout en revoyant mentalement le vieux tube de veet que Véro avait oublié dans l'armoire le jour de son départ. A se demander ce qu'elle pouvait foutre avec ce truc, elle dont l'origine babouine ne faisait aucun doute.

J. - "Vous vivez seul, K. ?"
K. - "On ne peut plus seul, inspecteur."
J. - "Je ne voulais pas être indiscr..."
K.- "Je plaisantais... mmh, les gens ont parfois du mal à sentir quand je plaisante. Du coup, ça m'arrive plutôt rarement. Mais tes questions ne m'ennuient pas, tu peux y aller !", caramelisais-je.
J.- "Depuis longtemps ?"
K.- "La dernière à m'avoir quitté s'appelait Véronique, une pouffiasse aux dents longues, bien trop longues pour la fellation. Ca n'aurait pas pu marcher... C'était il y a 9 mois."
J.- "Vous semblez plus atteint que ça..."
K.- "Excuse-moi mais plus atteint que quoi ?" lâchais-je d'une intonation joliment menaçante.
J.- "Tout votre personnage, K., montre parfois un plafonnage grossier sur une surface bien plus profonde que vous voulez bien le montrer. Vous n'êtes pas aussi dur et froid que ça, je peux le sentir à n'importe quel moment"

Top, 7 minutes 36 secondes. J'avais gagné ! Le tout, avec les femmes, c'est pas de leur montrer ce qu'elle veulent voir, cette putain de sensibilité crétine dont elle disent raffoler, mais de leur faire comprendre qu'elle existe en nous, qu'elle est enfouie quelque part sous une épaisseur virile. L'épaisseur virile, c'est ce qui les inquiète et les excite par dessus-tout. C'est la testostérone qu'elle n'auront jamais, c'est le déclencheur suprême de ce que j'appelle "l'irrépressible besoin de bite". Pas besoin de la ramener avec nos états d'âme de branleur existentiel pour lever une fille, inquiétez-la d'abord, quitte à l'énerver terriblement, puis suggérez-lui très discrêtement que vous n'êtes pas seulement l'animal puissant qu'elle redoute et convoque d'un même spasme ! Si elle débarque avec une phrase genre : "Je suis sûre que tu masques ta vraie nature sensible sous des airs de gros dur" , c'est gagné, reste plus qu'à être à la hauteur... ou à la longueur.

J'ai donc laissé planer quelques secondes de fausse réflexion avant de coordonner l'aller simple de ma main sur l'intérieur de sa cuisse avec une inspiration hésitante, le mec réellement touché quoi. J'y allais d'un arpège délicat mais ferme, pas question de faire oublier K. le bestial, je promenais mes doigts selon un parcours choisi, décidé. Tout en appréciant la texture, je prenais soin de la rassurer sur sa dernière question : "Je me demande comment tu fais pour voir si clair en moi". En drague, ne jamais craindre le ridicule, franchement. C'est pas ce que vous pouvez bien raconter qui compte mais le ton et l'assurance avec lesquels vous posez votre voix. La plupart des femmes, contrairement aux hommes, attachent souvent plus d'importance à la forme qu'au fond ; les exceptions étant le plus souvent d'infâmes intellectuelles dont l'hygiène douteuse autant que les convictions devraient faire fuir tout homme normalement fait.

K.- "J'ai quelque chose pour toi" dis-je tout en ôtant ma main de sa cuisse. "Tu n'es pas pressée ?"
J.- "Pas vraiment non, de quoi s'agit-il ?"
K.- "Pour être tout à fait franc, il s'agit de tes orteils..."
En douze minutes exactement j'avais garé ma caisse sous mon balcon, sorti deux bouteilles de vin (une de blanc, l'autre de rouge), j'avais installé Julie sur le fauteuil bordeaux de ma salle de bain et mis ses deux pied dans un bassin rempli d'eau tiède. Je la regardais souvent, j'adorais l'inconfort dans lequel je la brusquais. Elle commençait à se demander sur quel malade elle était tombée, ça arrive parfois, rien de grave. J'ai débouché le blanc, pas mauvais, je lui servi un demi verre afin qu'elle en boive une bonne rasade et que je lui réserve aussitôt un verre bien plein. Je me mis à lui masser les pieds, en commençant par la plante avec la paume de la main puis en appuyant des deux pousses vers les orteils, toujours très fermement. Sa dernière surprise fut de me voir remplacer l'eau tiède par du lait. Je prétextais pour la calmer qu'il s'agissait d'une pratique commune dans bien des régions du monde alors que nous savons tous très bien que la seule vertu du jus de vache est son caractère érotisant.

J'ai attendu qu'elle ferme doucement les paupières pour lui suçoter les orteils une première fois. Ce n'est pas si facile à réaliser, ne nous y trompons pas, le pied - contrairement à l'homme - est une zone particulièrement sensible, capable de susciter des sensations très contradictoires. On peut très bien, par exemple, déclencher une pulsion érotique perforante d'un revers de la langue et l'annuler par un chatouillement crapuleux dans la seconde suivante. Le léchage d'orteils est un art en soi, c'est pourquoi il doit s'accompagner d'alcool, pour freiner le protectionnisme aigu que l'on voue à nos nerfs et à nos sens.

Je lui ai tripoté les bouts de pied jusqu'aux premiers gémissements discrets, abandonnés par mégarde, comme si votre gigot, depuis le four, vous susurrait qu'il était cuit à point, qu'il était temps de l'ôter de là et de passer à table. Toujours à genoux, je lui ai relevé les jambes, sa jupe a baillé, elle a presque ronronné, je me suis approché pour lui prendre le verre des mains. Je n'avais pas encore décidé de la pièce dans laquelle j'allais l'emmener mais il me sembla subitement que cette salle de bain ne manquait de rien pour ce que nous avions à faire. Comme je voulais profiter de l'état dans lequel je venais de mettre Julie, je me contentais de la redresser légèrement sur le fauteuil et d'étendre mon massage à une zone bien plus large. Plus large, oui, mais aussi infiniment plus riches en recoins érogènes.

Loin de moi l'idée de me vanter mais je n'étais pas mécontent quand, une bonne heure plus tard, je fis le point dans ma douche. Julie était allongée sur le pieu, les joues rouges, et moi je crevais la dalle. Je me suis tapoté la bite quelques fois avant de sortir et de passer devant la chambre dont la porte était restée ouverte, pas envie qu'elle se dise que j'en voulais encore... En passant, je la vis nue et belle, les paupières closes mais éveillée, baladant nonchalamment un doigt entre les orteils de son pied gauche.

K.- "Je vais chercher des tapas, j'en ai pour 10 minutes"

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Commentaires

Il me faudra plus de 10 min.. .. pour relire tout ça ! Tu te surpasses K, je ne suis pas déçue de l'attente. Pfoui, quel pied !

Écrit par : *L* | 29/05/2006

merci *L* Tu écris aussi ? On peut te lire quelque part ?
Ou bien préfères-tu garder cet agréable anonymat ?

Écrit par : K. | 30/05/2006

K. J'ai un blog que tu connais, je t'en rappellerai l'adresse quand tu m'auras dit pourquoi tu y as mis un *L* une fois, qui me pollue l'esprit depuis des jours et des jours... L que je peux utiliser puisqu'il s'avère que c'est la première lettre de mon prénom.

Écrit par : *L* | 30/05/2006

bonjour bonjour j ai fait une nouvelle mise a jour
sur le site de la rencontre du 26 aout 2006...
beaucoup de surprises et des invités durant la journée...
du 26 aout...en plus du feu de camp...
en plus moment de discussion entre bloggeurs et plus encore...
oublier pas vos chaises pliantes...
le groupe augmente de semaine en semaine
cela vas etre génial et une grande fete...
au plaisir de se rencontrer et
vive le 26 aout..2006
inscrit ton site...
http://rencontre2006le26aout.skynetblogs.be

Écrit par : RENCONTRE 2006le 26 aout | 03/06/2006

Dis Je trépigne du pied à nouveau, là... Il revient quand avec les tapas, K. ?

Écrit par : *L* | 08/06/2006

*L* Quand K. a la dalle, il mange. Et là, comme il a mangé, ça va chier !

Je partage mon temps entre le boulot, la musique et les textes, je m'y remets bientôt, promis !

Écrit par : K. | 09/06/2006

bonjour JE VIENS DE FAIRE UN POST SUR COEURDENFANT POUR CHRIS...
S V P ....LAISSER LUI UN MESSAGE D AMOUR...
C EST TRES TRES IMPORTANT...
MERVEILLEUSE JOURNÉE A TOUS...

Écrit par : coeurdenfant | 12/06/2006

J'ai retrouvé K. C’est exactement ce soir là que j’ai poussé la porte du "Dion". Il faisait un cagnard de malade. Pas un souffle d’air pour vous éventer. De toute ma vie je n’avais eu aussi soif.
C’est ce bon vieux « foxy lady » qui me fit entrer.
Ce morceau et cette folle envie de bière fraîche.
Je dus souvent par la suite le payer très cher mais jamais le regretter.
Le plancher collait sous les semelles et il y faisait sombre comme à l’entrée d’une grotte. Par contre le bar luisait comme le saint graal.
Encore aujourd’hui je ne parviens pas à trouver de justes images pour évoquer avec exactitude la propreté de ce simple zinc.
Le marbre était lustré tous les jours à la fermeture (Et surtout qu’on me croit sur parole. La fermeture je l’ai faite bien des fois) Les étagères sans un micron de poussière. Les pompes à bière flamboyaient enveloppées d’une légère buée de condensation. Le maître des lieux trônait derrière et m’accueillit avec un franc sourire.
- Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?
- Une simple bière, merci.
J’avais prononcé cette phrase en me juchant sur un tabouret. Il n’y avait que quelques clients mais, et cela se voyait à l’œil nu, que des habitués. Il fallait être aussi le dernier des sourds pour ne pas s’en rendre compte. A peine avais-je prononcé ma phrase que les conversations cessèrent. Des sourires se mirent à fleurir au coin des lèvres de certain et tous se tournèrent vers le patron. Il éclata de rire.
- Il n’existe pas de simples bières ici. Que du nectar ! Du velouté ! La crème des crèmes. Je vais vous servir un stella. Vous remarquerez la propreté du verre au passage et le geste ample pour le sortir du bac de rinçage. Admirez la qualité de la mousse que je laisse déborder à souhait. Pas de tricherie ici. Nous ne rigolons jamais avec les choses sacrées, pas vrai tas de guignols ! Tenez celle-ci je vous l’offre.
- Merci.
- Pas de merci, moi, c’est Jean ! Ca ne sert à rien de se faire trop de politesse alors qu’on se reverra. Car vous allez revenir. On revient toujours chez Jean. D’ailleurs à partir de maintenant je te tutoie. Fais en de même. Santé !
Il avait fini son show.

Écrit par : *D* | 22/06/2006

cher *D* Mon intérêt pour les bars déserts (et la stella) me pousse à battre des mains, joli texte ! Par contre, où m'as-tu retrouvé ?

Écrit par : K. | 27/06/2006

Wè ! Du suspens, un bar, une ambiance et des tapas ! Merci bien, je ne vais pas dormir cette nuit !

Écrit par : *L* | 27/06/2006

Mais dans un bar... De Liège, pardis ! Jean voulais continuer l'oeuvre de Dion Cassius et propager l'histoire de la Rome antique et ses intrigues, mais les passants passaient sans y prendre garde...Il a gardé, de Dion, le nom et sa verve théatrale ! Il s'accroche maintenant aux buveurs de passages en espérant un jour trouver l'inspiration totale et le gars qui ressemblerais à son héros !
K est-il enfin l'intriguant???

Écrit par : *D* | 28/06/2006

Ici, y a du matos Alors, K, je te le dis : continue ta @&#$%# d'histoire, ça me rend dingue de pas savoir la suite !

Écrit par : *L* | 10/08/2006

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