23/08/2006

 

6 : 30 am. Je regardais mes yeux bouffis dans le miroir des toilettes du troisième. J'encaissais mal les efforts de la nuit. Julie se maquillait à côté de moi, on était parti dans une précipitation des plus anarchique. Se réveiller côte à côte nous avait foutu mal, comme des gosses peu à l'aise. Au réveil, généralement, je ne suis pas des plus causant. On s'était chacun rué vers nos fringues puis, une fois habillés, pour ne pas rester comme deux glands en fleur l'un face à l'autre, on avait tracé vers la boîte. Trajet on ne peut plus silencieux.

Amarré à la machine à café, mes idées retrouvaient un semblant de cohérence, ma journée se construisait mentalement. A 18h, j'étais sensé remettre à Short le plan complet de l'assassinat de Boss. Je m'attendais vaguement à un coup tordu de sa part. Peut-être m'attendrait-il avec une horde de nains vicelards, près à me bouffer ce qu'il me restait sous la ceinture. Peut-être même aurait-il prévenu Boss, auquel cas c'en serait fini de K. dans cette boîte. Ce serait pas la fin du monde mais, à choisir, je préférais la jouer à ma façon. Comment ? C'était une autre histoire, je n'avais pas encore la moindre idée de la stratégie à adopter. Paul n'allait plus tarder, prêt à recevoir mes ordres. Je n'étais pas préparé.

Je décidai d'aller rendre visite à Sandrine. A cette heure-là, elle n'était certainement plus très loin du bureau, je l'attendrais dans sa cave.

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22/08/2006

tout en marchant

Je marchais depuis quelques minutes, la minuscule taverne de Carlos Lejos n'était plus très loin. Bizarrement, je m'étais rarement senti aussi bien de toute ma vie. Pour la première fois, l'austère trottoir de ce quartier hors de prix me semblait confortable, presque mou. Mes jambes cotonneuses appréciaient beaucoup. S'il avait fallu que je me plaigne de quoique ce soit à ce moment-là, je me serais trouvé dans la merde. Pour une fois, une très rare fois, je me sentais comblé ! Je commandai les tapas poliment, calmement. Je m'aperçus que ce mongolien d'Andreas oubliait une fois de plus de scotcher le petit pot d'anchois et que ces derniers n'allaient pas manquer de se casser la gueule dans le sachet hautement perméable de la Casa Lejos. Je ne bronchai pas. Je souris vaguement, payai et m'en allai.

Sur le chemin du retour, une pensée étrange me traversa de part en part. Comment pouvais-je me sentir à ce point "bêtement bien" alors que Julie était loin, très loin, d'être le coup de l'année ? Plusieurs fois auparavant, je m'étais déjà trouvé niaisement heureux à la suite de quelques pilonnages bestiaux, je devais bien l'admettre. Mais - et je ne le déplorais même pas - Julie était loin d'appartenir à la caste bénie des baiseuses-nées ! Filmée, sa gestuelle n'aurait probablement excité qu'une frange infime d'onanistes incurables, quelques obsédés pathologiques à la rigueur, mais tout homme équilibré aurait rapidement conclu à un beau cul un peu gauche. Vraiment pas de quoi s'user le gland.

Et pourtant, j'avançais le dard en berne, pressé de remettre le couvert.

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